L’ABC de la décoration intérieure

Thérèse, j’ai envie de bonifier mon intérieur. Non non, je ne parle pas de mon condo. Je parle d’un endroit plus personnel, plus intime. Un endroit qui si il n’est pas vide, peut accueillir tellement plus. Et cet endroit a l’avantage que ses murs ne sont pas rigides, au contraire. Plus tu le meubles, plus il s’agrandit.  Tu vois bien que je ne te parle pas de mon condo.

Meubler, v.t.:

  • Garnir un local de meubles.
  • Être propre à garnir, à décorer un lieu.
  • Enrichir son esprit de connaissances, de souvenirs.
  • Occuper une période creuse de temps.
  • Faire que quelque chose de vide ne soit plus ressenti comme tel.

Source : Dictionnaire Larousse

Depuis que je travaille pour un grand éditeur de livres pédagogiques, je suis entourée de savoir. À portée de main, je peux parcourir des centaines de manuels scolaires : philosophie, communication, marketing, chimie, biologie, soins infirmiers, travail social, littérature, finances, etc., etc. Ces livres font plus que meubler mon lieu de travail, ils enrichissent de connaissances l’esprit de milliers d’étudiants. Il y a tant à apprendre, à découvrir. J’aurais le goût de tous les lire… bon, pas tous tous, peut-être pas ceux de comptabilité, mais oui, ceux de philo, de littérature, de psychologie, même ceux de biologie, moi qui pourtant était nulle en sciences plus jeune !

Dans un autre registre, je regarde aller mon amie Anne-Catherine qui court sa vie en vue de faire une course de type Trail dans les Alpes, genre courir 160 km en montage. Si d’un côté, je trouve ça un peu malade mental, d’un autre, j’admire sa volonté et sa discipline. Bon, j’admets aussi admirer sa shape… J’aurais le goût de m’y mettre moi aussi. Peut-être pas les Alpes… non, je viserais de quoi de plus hot… plus big… genre le 10 km du Marathon de Montréal.  Je te vois rire, Thérèse… 

Enfin, il y a mes amies Swann et Valérie qui se sont mises à la peinture. Elles peignent de magnifiques toiles abstraites. Elles osent poster sur les réseaux sociaux leurs créations. Swann expose aussi dans des galeries et des foires. Leur créativité et leur audace m’inspirent. J’aurais le goût de me remettre à créer, à dessiner et pourquoi pas à peindre.

Thérèse, et si on ne faisait qu’une seule définition du verbe meubler ?

Meubler, v.t.
Occuper une période creuse de son temps, en enrichissant son esprit de connaissances, d’accomplissements et de souvenirs, afin de faire en sorte que le vide ne soit plus ressenti comme tel, mais plutôt comme un lieu richement garni.

Source : Petite Marie 

Le début de ma définition est la clé de cet endroit intérieur. À mi-parcours de ma vie, je veux meubler autrement mon esprit, mon p’tit coeur et ma tête. À moi de me réserver du temps de qualité pour Apprendre, Bouger et Créer. N’est-ce pas là, l’ABC d’un esprit riche et coloré (ok, c’est un peu kétaine comme jeu de mot, je te le donne, Thérèse).  Viens, je t’invite à ma table, on va partager un bon livre. Fais-moi confiance, je vais te le faire aimer…

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Statu quo

Il y a de ces rencontres qu’on aurait aimé qu’elles durent plus longtemps. On reste sur notre faim. Il y a celles qui blessent, qu’on aurait aimé ne jamais croiser. Il y a celles qui résistent aux année, les meilleures ! Celles qui ne durent qu’un instant, mais qui nous font du bien quand même. À l’opposé, il y a celles que l’on entretient alors qu’elles ne nous apportent plus rien, si ce n’est que des tracas.

[J’écris ce billet dans l’avion en route pour Francfort. Il est près de minuit. Les lumières sont tamisées, pratiquement tout le monde dort. J’ai bien tenté de dormir, mais je suis incapable de dormir en avion. Les écouteurs sur mes oreilles me coupent du bruit, mais amplifie mes pensées dans ma tête.

Je relie mon début de billet… et si je remplaçais le mot «  rencontre » par «  relation » ? N’est-ce pas de ça qu’il est question ? N’est-ce pas plutôt ça qui me trotte dans la tête ? ]

Je crois que chaque rencontre [relation] n’est pas faite inutilement : On donne. On aide. On reçoit. On apprend. Certaines sont vites oubliées, alors que d’autres nous imprègnent à jamais. Parfois aussi on s’y perd un peu sans trop [vouloir] comprendre pourquoi… en espérant je ne sais trop quoi… Espoir ou lâcheté?

[Je crois que je vais fermer les yeux. Peut-être que miraculeusement le sommeil va m’envahir et baisser le son de mes pensées.]

Maudite page blanche

Je n’ai pas écrit ici depuis des années. Depuis 2014, en fait. Mon cerveau a gelé, tout simplement. Comme quand je mange un Mister Freeze trop rapidement.

Au début, je trouve ça bon, même que je prends un certain rythme. Je savoure le moment sans baisser la cadence. Miam, miam, miam encore, encore… oui… encore… oui… et… BING ! Le front me gèle. Je paralyse. C’est ce qu’il m’est arrivé en 2014, quelques mois après avoir ouvert mon blogue. J’ai freezé.

Nue devant des gens habillés

J’ai gelé lorsque j’ai réalisé que des amis me lisaient.   Un côté de moi aimait ça… cela flattait mon égo. À chaque billet, j’allais voir mes stats, le nombre d’abonnés, les commentaires… les commentaires…

Plus mes amis commentaient gentiment mes billets, plus mon cerveau s’engourdissait. Alors que mon égo bombait le torse, mon estomac se tordait. La peur montait en moi. La peur d’être jugée a pris le dessus sur mon plaisir d’écrire. Je me suis sentie toute nue dans un party que j’avais pourtant organisé.

Il m’est arrivé la même affaire avec le dessin, il y a 30 ans. Merde. L’histoire se répète.

Il n’en tient qu’à moi de passer outre le syndrome de la page blanche et de me donner carte blanche. Thérèse, me revoilà.

Ma tête sur une épaule

Le matin, dans le métro, veut veut pas, tu te rapproches des gens. Ils entrent dans ta bulle et toi dans la leur. Parfois ça écœure. Parfois, c’est étonnamment l’inverse.

Il y a des matins, dans le métro, mes yeux se fixent sur une épaule. Une belle épaule. À hauteur parfaite. Tout près. Tout près de ma tête.

Alors une envie monte en moi. J’aurais juste le goût de m’accoter la tête sur elle. Je fermerais les yeux et prendrais un grand respire. Je ne ferais qu’une avec cette épaule. Je m’abandonnerais à elle. Une minute. Juste une minute.

Suis-je la seule à trouver qu’il y a de ces épaules si invitantes ? Des épaules qui inspirent le réconfort ? Des épaules qui arrêtent le temps ? Qui ont l’air de dire « Allez, dépose ta tête ici, juste ici. Relaxe. Ferme tes yeux. Everything’s gonna be alright. »

Il y a de ces épaules d’inconnu à qui on donnerait sa tête pour mieux repartir l’esprit en paix.

Adieu Demetan…. Je griffe maintenant !

Chaque début d’année depuis 6 ans, je me choisie un mot qui m’inspirera l’attitude que je désire avoir pour la nouvelle année.

Par exemple, en 2009, l’année de ma séparation, mon mot fut LIBERTÉ. Ce fut effectivement une année sous ce thème : enfilade de 5@7 soûlants, 2 voyages dans le sud, retour sur mes planches de ski, maintes samedis en pyj avec comme repas une bouteille de vin et un méga bol de Mini Wheat devant MON film.  Je prenais même plaisir à me promener toute nue dans mon appart juste pour me sentir encore plus libre ! Et oui Thérèse, j’ai fait des rencontres sans lendemain, mais c’est ce que j’avais besoin à ce moment là. J’avais soif de liberté comme on manque d’oxygène quand on reste trop longtemps sous l’eau.

Les mots des années suivantes furent CRÉATIVITÉ, COURAGE, GRATITUDE, BIENVEILLANCE, FLEGME. J’avoue avoir eu de la difficulté avec ce dernier leitmotiv, car 2014 fut éreintant sur le plan émotif.  J’ai plus d’une fois senti mes pieds glisser, mais je me suis accrochée en me rappelant cet objectif de maitrise de moi et j’ai pris les moyens qu’il fallait pour me préserver.  Demeure que je suis bien contente que 2014 soit derrière moi.

Et maintenant arrive 2015 ! L’année débute sur une toute autre musique que la précédente. Si 2014 avait débuté plutôt seule et déprimée, 2015 commence sur une note assurément joyeuse et vivante ! Avec FLEGME en tête, j’ai pris soin de moi en 2014.  Je me suis groundée en me concentrant sur les êtres chers de ma vie et en prenant soin de moi.  Je me suis aussi recréé un nid avec l’achat d’un condo.  Depuis quelques mois, je récolte les fruits et me sens à nouveau solide sur mes 2 pieds, mon cœur est léger et ma tête claire.

C’est donc sur cette lancée qu’un mot m’est apparu :

VICTOIRE

Victoire ? Victoire sur quoi, hein Thérèse ? Victoire sur de petites et grandes choses.  Tiens par exemple, depuis le 1er janvier, je ne me ronge plus les ongles.  Certains fument, moi, depuis l’âge de 3 ans, je mange mes ongles tellement que j’ai des doigts de Demetan (cette petite grenouille tristounet de mon enfance).  Suis tannée de mes bouts de saucisse. Dans quelques semaines, j’aurai de beaux ongles manucurés ! Grrrrrrrr!   Victoire sur mes foutus complexes de grosse-pas-grosse-pantoute. Oui, je vais plus bouger et bien manger, mais je vais surtout kicker out la ptite maudite Marie perfectionniste de dans ma tête ! Qu’elle aille se faire voir ailleurs ! Victoire sur mon horrible-prononciation-anglaise-de-fille-trop-gênée-pour-parler-english avec des cours privés qui débutent à la mi-janvier.  I speak english, tabarnak !

Thérèse, je suis clairement mon pire ennemie et ça suffit.  J’ai voulu jouer la carte du plaisir et de la bienveillance dans le passé, mais là, fini le dorlotage, je passe à l’action.  Championne je veux être, championne je serai ! Un doigt à la fois.  Aller, viens que je te coupe tes griffes, elles brisent mon divan.

Ai-je une vie ?

Défaire : v.t. Remettre quelque chose à l’état premier; Mettre quelque chose en désordre ou le démolir; Faire que quelque chose n’existe plus.

Cela fait maintenant 6 ans que je suis séparée du père de mes enfants. Lorsque nous avons pris la décision de mettre un terme à notre vie de couple, je me suis évidemment projetée dans le futur. Certains jours, je me voyais éternellement seule, considérant mon cœur sec-plus-que-sec. D’autres fois, je me voyais retombée en amour dans l’année et ainsi refaire ma vie. Refaire ma vie…

Je reviens d’un congrès où je suis tombée sur une vieille connaissance.

  • Allô Chris ! Aie ça doit faire plus de 20 ans que je ne t’ai pas vu ! Que deviens-tu ?
  • Suis marié et papa d’un enfant. Toi ?
  • Ben, moi j’ai 2 enfants, mais je suis divorcée.
  • Oh, ça fait longtemps ? As-tu refait ta vie ?
  • Heu… Ben. Heu… Non, mais…

J’ai figé. Un mélange de honte, de montée de lait et de lassitude m’a envahie.  Ai-je refait ma Vie ? C’est gros comme question, car elle sous-entend qu’il faut un conjoint pour se faire une vie. Qu’en me séparant de mon mari, ma vie était démolie.

Je suis entourée de plein de monde : mes enfants, mes parents, mes amis, mes collègues, bref plein de monde, sauf ben oui, je n’ai pas de conjoint. Et alors, c’est quoi, sans amoureux, point de vie ? On est alors près de 50% de la population montréalaise à ne pas avoir de vie.  Au moins, je ne suis pas seule.

Comment lui dire en 10 secondes qu’une vie n’est pas défaite par la fin d’une relation amoureuse ? Certes j’ai eu beaucoup de peine, de culpabilité et de honte lors de ma séparation. Oui honte à cause de cette pression sociale qu’une vie réussie est une vie à deux, idéalement avec 2 ou 3 enfants, une maison, un chalet, une bonne job et un IMC d’en bas de 22 !

Étais-tu seulement heureuse, Marie ? Non, j’avais tout ce que j’avais rêvé avoir, mais manquait le principal. Le bonheur

Quand il est question de divorce, une meilleure question à (se) poser aurait été : « Est-ce que tu vas bien? » Et là, avec énergie et fierté, je lui aurais répondu que personne ne souhaite vivre un divorce, que je suis fière du chemin parcouru, que comme tout le monde je vis des hauts et des bas, et qu’au final, même si j’aimerais être amoureuse, je trouve que je (me) FAIS une très belle vie.   Toi, Chris, te fais-tu une belle vie ou tu attends après elle ?

Une fille branchée qui cherche le piton off

Je me trouve branchée de partout. Trop. Serais-je victime du FOMO (fear-of-missing-out) ? Que m’apporte réellement Facebook, Instagram, Twitter, Linkedin ?

Et puis je trouve que l’argent me file entre les doigts. Pourquoi ce besoin de dépenser ? Ma valeur ne tient pas à cette dernière chemise à la mode et mes compétences culinaires ne reposent pas sur le dernier gadget de Ricardo. C’est clair que de vivre en ville entourée de tentations ne me facilite pas la vie. C’est clair que d’être une fille de marketing fait de moi une victime tout à fait consentante. Je lutte contre des forces externes ET internes.

Une pause ! Il me faut une pause. Une pause me ferait du bien. Une pause oui. Oui.

Ouiiiiiiiiiiiiiiii

J’aimerais relever le défi d’un jour par semaine sans mon iphone ET sans mon portefeuille. Cette idée toute simple à vue de nez est pourtant pas si simple que ça pantoute. Compte tenu que mon cellulaire m’est fourni par mon employeur, cette journée ne peut être un jour de semaine. Cela aurait été pourtant si facile, accaparée par ma journée de travail, munie de ma carte Opus et d’un p’tit sac à lunch, j’aurais facilement pu «oublié» mon iphone à la maison et relever ce défi.

Reste donc samedi ou dimanche. Hum… je devrai donc concentrer mes courses sur une de ces deux journées, disons le samedi. Le dimanche m’apparaît idéal pour débrancher et ne pas consommer.

RETROUVONS NOTRE DIMANCHE !    Ouiiiiiiiiii
RÉAPPROPRIONS NOTRE DIMANCHE, JOUR DE REPOS !

Demeure cependant un hic. Que ferais-je si je planifie une activité payante avec les enfants, genre aller aux pommes, au cinéma ou en ski cet hiver ? Je devrai concentrer commissions et activités dans la même journée pour me garder cette journée de repos. Ou alors j’achèterai mes billets la veille (wise girl).

Ok je me lance: Un jour par semaine durant tout le mois d’octobre, je me paie une journée sans iphone et sans portefeuille. Une semaine sera particulièrement difficile, ayant un voyage d’affaires à Houston de prévu. Mais je n’aurai qu’à oublier mon cell à la maison à mon retour…

Ouf, Thérèse, vais-je réussir ce sevrage ? Oui, tu as raison, un jour à la fois. Sur ce, comme on est dimanche, je tire la plogue et me mets à off.

Mise à jour :
Premier défi relevé. Un dimanche complet sans cell et sans achat. Constat : J’ai ressenti une certaine plénitude de savoir mon cellulaire fermé, car c’est moi qui me suis volontairement coupée du monde et non le monde qui m’a ignoré.

Un livre sans caresses meure. Une école sans livres aussi.

Paraît que les écoles ont faim de livres. Paraît que les commissions scolaires n’ont pas les moyens de nourrir leurs écoles, pas même de quelques feuilles.

Fait que j’ai vidé ma bibliothèque des livres de mes enfants et Sarah-Maude et moi les avons donnés à son professeur. Au fond, ces livres étaient entrain de mourir d’ennui seuls sur leur tablette. Ils seront assurément plus heureux avec des caresses de p’tites mains d’enfants sur leur chemise.

Sarah-Maude m’a dit que ce geste a fait boule de neige. Plusieurs autres élèves ont emboîté le pas en donnant des boîtes de bouquins jeunesse à l’école.

Certains font des défis de sceau de glace sur la tête. Pourquoi pas un défi de caisses de livres à offrir à l’école primaire de son quartier ? Hein Thérèse, qu’en penses-tu ?

My Happy Place

Jeune adulte, j’ai travaillé comme serveuse au Cercle de la garnison dans le Vieux-Québec. Club privé autrefois réservé aux hommes universitaires, il y restait quelques vieux vieux membres qui considéraient le Cercle comme leur seconde maison (a home away the home). Plusieurs ont d’ailleurs babouné lorsque la déco ringarde fut refaite.

« Sacrilège, mon fauteuil est maintenant orange ! J’exige que vous me le rendiez comme il était ! »

Ils avaient leurs habitudes, leurs serveuses (aussi vieilles qu’eux!) et leurs éternelles rôties-de-pain-carré-blanc-pré-beurrées matin-midi-soir. Du haut de mes 20 ans, je les trouvais à la fois vieux et bébés avec leurs traditions et leurs caprices qui trahissaient à mes yeux leur conservatisme.

20 ans plus tard, je crois comprendre ces ptits vieux de s’être accrochés aux murs de leur club privé. Effacer les vieilles couleurs, c’est risquer d’effacer les bons souvenirs.

Je termine mes vacances estivales et pour la millième fois de ma vie, je suis allée dans le Maine. Lieu de milles et un souvenirs de jeunesse, le Maine est « ma maison loin de ma maison », un de mes Happy Place.

J’aime me retrouver à Ogunquit. Toute jeune, J’y allais en camping avec mes parents et leurs amis. Adolescente, c’était en hôtel avec ma mère mais sans mon père. Puis avec mon père et sa nouvelle femme. Avec lui, je pouvais inviter une amie. C’était le temps de la série Bay Watch et avec Nathalie ou Suzanne, on flirtait les lifegards sur la plage. À l’université, j’y suis allée plusieurs fois en gang d’amis en formule petit prix, genre à 4 dans une tente à 2 ! Séjour mémorable d’ailleurs avec Geneviève, Stéphanie, Nathalie, Anne-Catherine et Charles : 3 nuits tassés en camping sous un déluge de pluie !

Plus tard, ce fut des vacances en famille à Pine Point pendant quelques années. Maintenant séparée, le père de mes enfants poursuit la tradition et va au même motel avec un autre ami divorcé, et ce, été après été depuis 6 ans. Les enfants en reviennent toujours le sourire grand et la tête pleine de bons souvenirs.

Cette année, j’y reviens avec mes enfants : une semaine avec mon père et sa femme à Ogunquit puis une semaine avec mon amie Geneviève et ses enfants à Pine Point. Comme à l’habitude, on a fait de la plage, du shopping à Kittery, des feux de camp avec des guimauves grillées, on a joué au volleyball, au soccer, aux cartes et fait plein d’autres trucs juste pour le plaisir. Bref, de belles vacances comme les milles autres fois dans le Maine. J’en reviens avec le sourire et la tête pleine de bons moments.

De 1978 à 2014, rien ne semble avoir changé. Même sans GPS ou Google Map, on retrouve son chemin. Le Maine semble figé dans le temps. Les mêmes hôtels et restaurants aux mêmes places avec la même déco. Ça sent le vieux, oui, mais ça sent surtout les bons souvenirs en famille et entre amies.

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(Geneviève et moi en 1984 et en 2014. On n’a pas beaucoup changé non plus !)

Mes vacances dans le Maine ne sont pas exotiques. Je n’en reviens pas plus cultivée, encore moins dépaysée. Par contre, elles me font un bien fou et je rentre à la maison avec une Happy Face.

Toi, ma belle ma Thérèse, c’est quoi ton happy place ?

Ma grand-mère savait comment tuer un hamster

Il y a des expressions qui se passent de mère en fille et qui imposent en quelque sorte à être digne de sa lignée.  Avant de te dire les expressions familiales, Thérèse, laisse-moi te parler un peu de ma grand-mère et de ma mère. Tu comprendras que les mots ont leur importance, et que parfois, ils façonnent nos attitudes.

Ma grand-mère maternelle avait tout un caractère et ne laissait pas de place à l’apitoiement sur soi.  Alors qu’elle avait tout juste 16 ans, son père, chomeur-alcolo, lui prenait toute sa paie de couturière pour aussitôt la boire, jusqu’au jour où elle en a eu assez et a claqué la porte de la maison familiale pour épouser mon grand-père rapido-presto. Elle avait vu juste.  Homme généreux et vaillant, mon grand-père a débuté concierge à l’usine de Coca Cola à Québec et a fini directeur général de l’usine.

Quant à ma mère, elle a embrassé le mouvement féministe, après s’être retrouvée monoparentale.  Alors que son père avait décidé qu’elle serait secrétaire, elle s’est retroussée les manches, a repris les études et s’est qualifiée pour faire partie de la première cohorte de femmes directrices d’une succursale de la SAQ.  Aujourd’hui, cela apparaît banal, mais il y a 25 ans, cela relevait de l’exploit, surtout qu’elle avait ma garde à temps plein.

Ainsi, ma grand-mère avait 2 expressions, reprises par ma mère, qui parlent beaucoup du caractère attendu chez sa descendance :

«ALLER, FAIS-TOI VIOLENCE»

et

«QUI MANGENT TOUT’E D’LA MARDE» 

Si ma mère me le répète encore pour me brasser, j’ai tellement intériorisé ces expressions que je me les dis moi-même à moi-même.  Et moi, je les répète parfois à mes enfants.  Bon, sont un peu jeunes pour la seconde expression, mais cela viendra en vieillissant. On rencontre toujours des gens qui méritent juste qu’on leur dise dans notre tête de manger de la mar….

Ce ne sont que des mots, mais ces mots me font du bien.  Ces expressions empreintes d’une aura familiale bienveillante mettent souvent K-O le hamster dans ma tête. Dis-moi Thérèse, est-ce que les chats ont eux aussi un hamster dans leur tête ? J’ai comme l’impression que c’est plutôt tranquille dans ce coin là…